Combler ses besoins afin d’augmenter son estime

La majorité des personnes qui me consultent ont quelque part comme objectif d’améliorer leur estime de soi. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il est très difficile, sinon impossible, d’agir directement sur notre taux d’estime de soi. Combien d’entre nous avons voulu améliorer notre estime sans toutefois y parvenir ? Alors, comment y arriver ? Pour ma part, ce que je conseille c’est, entre autres, d’apprendre à connaître et à combler ses besoins afin d’augmenter son estime personnelle.

En fait, c’est plutôt simple à comprendre : répondre à ses besoins fait vivre un sentiment d’accomplissement; on sent que l’on a du pouvoir sur sa vie. Et, lorsqu’on prend pouvoir sur sa propre vie, on ne peut faire autrement que de ressentir de la fierté qui, à son tour, se transmute de façon quasi magique en estime de soi !

Prendre soin de soi ou prendre soin des autres ?

Réglons cette question une bonne fois pour toute : Prendre soin de soi ou prendre soin des autres ?

Entendons-nous bien ! Ce n’est pas une vilaine chose de faire plaisir mais cela en devient une si je m’efface devant les besoins des autres. Le petit questionnaire sans prétention qui suit peut vous aider à discerner si, oui ou non, vous avez tendance à vous oublier :

 VraiFaux
Je connais davantage les besoins de mes proches que les miens ?
Je m’attends à ce que les autres prennent soin de moi, comme moi je prends soin d’eux ?
Je trouve que mes relations sont inéquitables (je donne plus que je ne reçois !) ?
Je suis difficilement capable de dire non, lorsqu’on me demande quelque chose ?
Malgré toute ma bonne volonté, j’entretiens des griefs envers mes proches ?

Plus vous cumulez de Vrais, plus il y a de chance que vous soyez une personne gentille pour les autres et… un peu moins pour vous-même. ☹

Ce qui arrive avec cette configuration de personnalité, c’est que, sur le long terme, c’est épuisant ! On donne, on donne, sans nécessairement recevoir en retour : les coffres se vident à un rythme plus rapide qu’ils ne se remplissent. À court terme, c’est triste; à long terme c’est l’épuisement ou la dépression !

Comment discerner ses propres besoins ?

Lorsqu’on a passé sa vie à se préoccuper des besoins des autres, il peut être difficile de savoir comment discerner ses propres besoins. C’est, entre autres, pour répondre à cette question que j’ai développé une démarche de connaissance de soi  sous forme de capsules vidéo dont les capsules 5 à 10 s’intéressent plus spécifiquement aux besoins.

« Être capable de reconnaître ses propres besoins (c’est-à-dire de savoir ce que l’on veut vraiment) est une performance psychologique considérable. »

Abraham Maslow

Voici un extrait, que l’on retrouve sur ma chaîne YouTube, qui parle des cinq besoins fondamentaux définis par Maslow :

En définitive, la théorie de la motivation de Maslow peut être une excellente porte d’entrée dans l’univers de la connaissance de soi. Elle est une des rares théories holistiques en psychologie. C’est-à-dire qu’elle s’intéresse à l’individu dans son ensemble et non seulement à un ou quelques aspects de sa personnalité. En ce sens, c’est une théorie philosophique et, même, spirituelle. Il est possible d’utiliser cette théorie comme guide de vie ! Et, puisque cette théorie date des années 1950-60, elle a eu le temps de démontrer sa pertinence et, ainsi, les risques de déception ou de pertes de temps sont, de ce fait, grandement atténués.

Répondre concrètement à ses besoins de façon adaptée

Si vous avez visionné l’extrait proposé ci-dessus, vous connaissez maintenant les cinq (5) besoins fondamentaux de Maslow. Merveilleux ! Il est maintenant possible pour vous de distinguer vos besoins de vos désirs. Cette distinction est importante principalement pour deux raisons : 1) Distinguer ses besoins de ses désirs et 2) Répondre concrètement à ses besoins de façon adaptée.

Premièrement, donc, pouvoir distinguer nos besoins de nos désirs permet d’utiliser notre énergie disponible plus intelligemment. J’aime répéter que répondre à nos désirs est plaisant mais que répondre à nos besoins est essentiel ! Autrement dit, ne pas combler ses désirs n’entrave pas la bonne marche de l’individu contrairement aux besoins qui, une fois carencés, empêchent le fonctionnement optimal de la machine humaine.

Deuxièmement, aussi, connaître ses propres besoins, et les différencier de ses désirs, permet d’y répondre de façon adaptée. Donnons un exemple : Une personne déclare : « Je ne sais pas si mon ami désir une relation amoureuse exclusive à long terme et, pour me l’attacher, je dis toujours oui à ses demandes de relations sexuelles. »

Dans l’exemple ci-dessus, la personne prend soin des besoins qu’elle perçoit chez son partenaire (relations sexuelles) afin de combler son besoin de sécurité (à savoir si le couple a un avenir) dont elle n’a pas pris pleinement conscience !

Un cheminement de connaissance de soi au niveau de ses besoins lui permettrait de prendre clairement conscience de son besoin de clarifier sa situation amoureuse. Ainsi, elle aurait toutes les chances de se sortir de cette forme de dépendance affective (donner du sexe pour gagner de la sécurité) et, finalement, pouvoir profiter de la sexualité pour son usage premier : avoir du plaisir en comblant ses désirs !

Se sortir des attentes relationnelles grâce aux besoins

La mise en situation précédente – qui n’est arrivé à personne d’entre nous, j’en suis certain 😉 – nous permet d’entrevoir qu’il est possible de se sortir des attentes relationnelles grâce aux besoins.

La dépendance affective et les attentes relationnelles sont de grandes copines; on les voit régulièrement gambader main dans la main. Avant d’aller plus avant, donnons de brèves définitions des notions de dépendance affective et d’attente relationnelle :

Dépendance affective :

Je suis dépendant/dépendante affectivement de personnes de mon entourage lorsque j’utilise ces dernières pour combler, et ce de façon plus ou moins consciente, mes besoins personnels qui sont, eux aussi, plus ou moins conscients.

Attente relationnelle :

J’entretiens des attentes relationnelles envers mes proches lorsque j’ai l’espoir qu’ils répondent à mes besoins, dont j’ai plus ou moins conscience, que je n’ai, par ailleurs, pas formulés, sinon de façon détournée.

Une notion revient régulièrement dans ces deux définitions : la notion de conscience. En fait, pour se sortir des attentes relationnelles, il est essentiel de bien connaître ses propres besoins. Alors, il sera possible de les combler par soi-même ou avec l’aide des personnes qui nous aiment, en faisant des demandes claires.

Entendre nos besoins pour faire taire nos dépendances

Il a été question, dans les deux dernières sections, de dépendance affective. Mais qu’en est-il des autres formes de dépendance ? Que ce soit la dépendance à la nourriture, au jeu, à l’alcool ou aux drogues, etc… En fait, quelle que soit la forme qu’elles peuvent prendre, il sera toujours utile d’entendre nos besoins pour faire taire nos dépendances.

Les membres des associations anonymes vous le diront sans détours : à la base, les dépendances sont déclenchées et entretenues par des besoins fondamentaux inconscients et non comblés.

« Plus je m’occupe et je prends soin de mes besoins, moins j’ai besoin de nourrir mes manques.»

Jacques Salomé

Je prendrai ici comme exemple le besoin fondamental d’aimer et d’être aimé/être aimée. Plusieurs entretiennent l’idée que, une fois adulte, nous ne devrions plus dépendre de l’amour d’autrui ou, autrement dit, que vouloir être aimé/être aimée est un piège dans lequel on ne doit pas tomber. Quoi qu’on en pense et quoi qu’on en dise, aimer et être aimé/être aimée est un des besoins fondamentaux décrit dans la théorie de la motivation de Maslow. Si je cherche à le bâillonner, il trouvera une façon détournée de se satisfaire qui se révélera bien souvent être une forme ou une autre de dépendance. Il en va ainsi pour tous nos besoins fondamentaux…

En conclusion :

Il apparaît maintenant clairement que notre santé mentale ne peut pas faire l’économie de la connaissance de nos besoins fondamentaux. Non seulement est-il possible de se sortir de nos dépendances grâce à la prise en compte de nos besoins mais il est également concevable que, ce faisant, nos relations interpersonnelles s’en trouvent améliorées ! Diminuer l’emprise de nos dépendances et se sortir des attentes relationnelles sont deux facteurs qui contribuent à bonifier l’estime de soi.

De plus, des sentiments naissent de la satisfaction ou non de nos besoins. Nous avons très peu de contrôle sur l’émergence de nos émotions mais nous pouvons prendre conscience de nos besoins fondamentaux et y répondre. En sachant que répondre consciemment à ses besoins fait vivre un sentiment de fierté et que les ignorer participe à l’émergence de diverses dépendances qui génèrent de la honte, quelle option choisir ? 😉

Si vous avez des commentaires ou des questions à la suite de la lecture de ce billet, ou durant votre cheminement, n’hésitez pas à m’écrire à information@marcbrien.ca.

Sur ce, je vous souhaite un très bon cheminement !

Références :

  • MASLOW, Abraham, Devenir le meilleur de soi – Besoins fondamentaux, motivation et personnalité, Groupe Eyrolles, 2008, p. 115.
  • SALOMÉ, Jacques, Vivre avec soi – Chaque jour… la vie, Les Éditions de l’Homme, 2003, p. 173.

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