
Il y a des moments dans la vie où nous perdons nos repères. Cela peut se produire lors d’une perte d’emploi. Ça peut aussi arriver lors d’une rupture amoureuse. Et, souvent, on observe ce phénomène lors de la fameuse crise de la quarantaine, également appelée mitan de la vie. Comment donner du sens à sa vie durant ces moments de passages à vide souvent souffrants et parfois même terrifiants. La souffrance et la peur peuvent être tellement profondes que certains s’interrogent : « Pourquoi continuer de se battre, pourquoi continuer à vivre? ».
Ces sentiments et ces questionnements sont tout à fait normaux lorsque survient une fracture dans le cours de notre vie. Une méthode efficace pour se sortir de ces moments difficiles et, même, en sortir grandi/grandie, est de partir à la découverte de ses valeurs pour découvrir le sens de sa vie actuelle et future.
Définir la notion de valeur
Tout un chacun connaît le mot valeur. Mais qui peut se targuer de se connaître authentiquement à ce niveau ? Soyez sans crainte ! Puisque qu’elles sont rarement enseignées à l’école, et que ce n’est pas un sujet de discussion courant autour de la machine à café du bureau, nos valeurs personnelles demeurent souvent implicites. C’est-à-dire qu’elles existent à l’intérieur de nous mais que nous parvenons difficilement à les identifier et, donc, à les nommer.
Pour définir la notion de valeur simplement, on peut dire qu’une valeur personnelle est ce qui est important pour nous. C’est ce que nous croyons être la meilleure façon de penser ou d’agir. C’est notre vérité que nous avons construite en fonction des expériences, bonnes et mauvaises, de notre existence.
Quand on entreprend un travail à ce niveau, il faut, tout d’abord, faire la distinction entre nos valeurs personnelles et les autres. C’est-à-dire les valeurs sociales et culturelles, les valeurs familiales, les valeurs organisationnelles au travail*, les valeurs politiques, religieuses et autres… Il est difficile de faire la distinction entre nos valeurs personnelles et les autres puisque nous avons baigné, depuis notre naissance, dans les bassins de valeurs de nos milieux de vie. Il est donc important, une fois adulte, de faire du ménage dans ses valeurs et de se demander quelles sont les nôtres en propre ?
*Vous pouvez approfondir la réflexion à ce sujet en suivant ces liens :
- https://effet-a.com/conseils/3-bonnes-raisons-daligner-valeurs-personnelles-et-travail/
- https://www.journalactionpme.com/2019/01/valeurs-personnelles-les-comparer-a-celles-de-la-culture-de-lentreprise/
Comment trouver ses valeurs ?
Pour savoir comment trouver ses valeurs personnelles, j’enseigne la notion de congruence tête-cœur-jambes dans ma formation en capsules vidéo (et plus précisément à la deuxième capsule). Pour ce faire, il s’agit de passer en revue les valeurs que l’on croit posséder à travers trois dimensions essentielles qui définissent la notion de valeur. J’entends ici les dimensions cognitive, affective et conative. Autrement dit, est-ce que les valeurs qui m’animent actuellement s’alignent avec mes pensées, mes émotions et mes comportements ?
Les trois questions que vous avez à vous poser sont les suivantes :
- Est-ce que cette valeur est une bonne chose pour moi ?
- Est-ce que cette valeur me faire vivre des émotions agréables ?
- Est-ce que j’ai l’élan intérieur d’agir en fonction de cette valeur ?
Donnons l’exemple de la générosité :
- Est-ce que je crois qu’il est préférable de donner de mon argent aux plus démunis ou je crois plutôt qu’il est préférable de consolider ma sécurité en le gardant pour moi ?
- Lorsque j’en donne, est-ce que j’ai un sentiment de plénitude et de devoir accompli ou un petit pincement au cœur ?
- Et, finalement, lorsqu’arrivent des occasions de donner, est-ce que je suis le premier à me proposer ou je laisse la chance aux autres de faire leur bonne action du jour et d’en récolter les mérites ?
Vous aurez compris qu’il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses à ces questions et je vous invite à éviter les jugements de valeurs 😉 que vous pourriez avoir en réalisant cet exercice. En fait, chacune de ces questions constituent des opportunités de faire du ménage dans sa hiérarchie de valeurs ainsi que d’augmenter la connaissance, l’acceptation et le respect de soi.
Faciliter la prise de décision par la connaissance de nos valeurs
Avez-vous de la faciliter à faire des choix ou vous tergiversez sans fin et changer d’idée deux, trois fois lorsque vient le temps de choisir ? Vous l’aurez peut-être deviné à la lecture de l’exemple donné ci-dessus, nous pouvons faciliter la prise de décision par la connaissance de nos valeurs.
Il est impossible de faire plaisir à tout le monde et, parfois, certaines situations nous obligent à faire des choix déchirants. Si vous choisissez l’option de faire plaisir aux autres plutôt qu’à vous, vous allez ressentir très probablement un malaise intérieur et, à force d’agir ainsi, vous accumulerez inévitablement des griefs envers les gens à qui vous tentez de plaire.
En revanche, si vous choisissez d’agir en fonction de vos valeurs personnelles, vous ressentirez possiblement un peu de culpabilité, surtout si ça fait longtemps que vous laissez passer les autres avant vous, mais, en bout de ligne, vous aurez le sentiment de vous accomplir, en ressentirez de la fierté et accumulerez une bonne dose d’estime de soi.
Améliorer ses relations interpersonnelles en respectant ses valeurs
« Si j’écoute et j’agis en fonction de mes valeurs, je risque de déplaire aux personnes de mon entourage et, qui sait, peut-être même les perdre ! » Voilà l’objection que j’entend régulièrement lors de mes accompagnements individualisés. Je réponds à cela que si vos proches vous empêchent d’être vous-même authentiquement, il y a un questionnement urgent à entreprendre !
En outre, quand on y réfléchit deux minutes, on réalise souvent que ce sont nos peurs qui nous empêchent d’être nous-même et non les gens qui nous aiment. Et, si par malheur c’est le cas, il est urgent de faire du ménage dans nos relations et de s’entourer de personnes qui nous respectent, nous et nos valeurs les plus fondamentales.
En fait, il est possible d’améliorer ses relations interpersonnelles en respectant ses valeurs puisque de cette façon, nos relations s’enrichissent d’authenticité, on se sent finalement vu/vue et reconnu/reconnue pour qui on est vraiment et, finalement, nos relations se trouvent bonifiées de respect et d’amour véritables.
Augmenter la motivation intrinsèque et diminuer la procrastination

Un dernier avantage qui milite en faveur de la reconnaissance et du respect de nos valeurs personnelles est la possibilité bien réelle d’augmenter la motivation intrinsèque et diminuer la procrastination.
Un truc pour lutter contre la procrastination ? Associer vos valeurs aux tâches qui vous rebutent ! Ainsi, ces tâches, qui peuvent être parfois vraiment ennuyeuses, deviennent des devoirs moraux à accomplir. Les tâches soutenues par des valeurs conscientisées perdent de leurs couleurs obligatoires et se teintent de sens profond.
En conclusion
Nous l’avons vu, entreprendre un cheminement de connaissance de soi au niveau de ses valeurs peut s’avérer fastidieux parce que nous devons faire un ménage parmi toutes celles qui nous ont été proposées afin de déterminer celles qui passent le test de la congruence tête-cœur-jambes.
Cependant, lorsque ce travail est fait, nous en récoltons les fruits puisqu’alors il est plus facile de faire des choix, nos relations interpersonnelles s’en trouvent améliorées et la vie en générale nous semble plus légère car agir en fonction de nos valeurs personnelles augmentent notre énergie disponible ainsi que notre motivation à accomplir nos tâches quotidiennes.
Si vous avez des commentaires ou des questions à la suite de la lecture de ce billet, ou durant votre cheminement, n’hésitez pas à m’écrire à information@marcbrien.ca.
Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un très bon cheminement !

Marc Brien est psychosociologue (baccalauréat en psychosociologie de la communication, 1995) et a suivi plus récemment une formation de deuxième cycle universitaire en santé mentale avec mention au tableau d’honneur (diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en santé mentale, 2017).